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Plonger dans les 70's avec Vinyl !

Publié par Lys Sombreciel sur 19 Avril 2016, 17:40pm

Catégories : #Séries, #Musique

Plonger dans les 70's avec Vinyl !

Commencée mi-février sur la chaîne HBO, j'attendais la première saison Vinyl avec impatience. En effet, une série sur la musique dans les années 70 produite par Mick Jagger et Martin Scorcese ça a de quoi attirer l'attention. Le pitch ? Richie Finestra, un producteur de disques, tente de faire renaître de ses cendres son label en trouvant de nouveaux sons et de nouveaux talents alors qu'il traverse sa crise de la quarantaine. Tandis qu'il retombe dans la drogue, sexe, punk et disco deviennent son quotidien et l'on découvre un panel de sons différents à travers ses oreilles ...
Le premier épisode dure 1h45 et a été réalisé par Scorcese lui-même ! On reconnaît vite la patte du cinéaste sur ce pilote et les réalisateurs des autres épisodes s'inspireront grandement de son style. La série a tendance à me rappeler l'ambiance hyperactive qui régnait dans Le Loup de Wall Street, rien d'étonnant puisque Terence Winter, le scénariste du film, est également celui des épisodes de Vinyl (bien qu'il ait quitté son poste en cours de route pour cause de divergences artistiques avec la chaîne ...). Les plans séquences où les personnages défilent dans les bureaux du label pour vaquer à leurs occupations font miroir avec ceux du Loup.

Richie Finestra, à la tête de American Century Records, s'apprête donc à vendre le label à une compagnie allemande, le contrat inclut notamment un accord de distribution avec Led Zeppelin. Mais après une discussion avec le chanteur du groupe (Robert Plant), Richie réalise alors que la vente va être compromise et les problèmes vont commencer à s'enchaîner ...
La série joue beaucoup sur l'apparition d'artistes ayant réellement existé. On croisera à plusieurs reprises Andy Warhol, un ami proche de la femme de Richie : Devon Finestra, incarnée par Olivia Wilde. Un épisode se penchera sur Alice Cooper, avec lequel l'un des employés de Richie tente de signer un contrat. Lou Reed, John Lennon et même Elvis Presley apparaîtront également dans certains épisodes. Ces clins d'oeil vont de pair avec la bande-originale de la série qui contient des titres très connus de l'époque dans divers styles musicaux (rock, jazz, blues ...) parfois accompagnés de plans sur des musiciens les interprétant ; mais également des morceaux inédits. Cette bande-son est l'un des gros atouts de la série, j'attendais vraiment cette immersion musicale !
Pourtant Vinyl ne va pas se focaliser uniquement sur des artistes connus, on suivra en particulier l'évolution des Nasty Bits, un groupe de punk en lequel Richie trouve une énergie très particulière qui lui plaît. Ils occuperont une place importante dans l'histoire puisqu'ils seront la nouvelle emblème du label. Fait amusant, le chanteur du groupe, Kip Stevens, est incarné par le fils de Mick Jagger : James Jagger. Les choses ne seront pas évidentes pour le groupe, ils doivent se plier aux exigences du label pour le meilleur et pour le pire ... Interviendra alors Lester Grames, un ancien chanteur de blues talentueux que Richie avait manipulé, qui décide de devenir le manager des Nasty Bits pour prendre sa revanche ...

La série montre divers domaines artistiques dont la sculpture et la photographie.

La série montre divers domaines artistiques dont la sculpture et la photographie.

Les personnages sont dès lors assez nombreux et chacun sert à montrer une facette du monde musical de l'époque. Lester Grames à ses débuts avec Richie ne peut pas jouer ses compositions et doit se contenter de reprises connues pour que cela plaise au public et que les ventes fonctionnent. Quelques années plus tard, Richie retrouve le bluesman brisé qui ne pourra plus jamais chanter ... Une considération amère et tragique sur le monde musical de l'époque, loin d'être idéal pour tout le monde.
Cécé et Jamie, deux femmes réduites au rôle de bonniches, nous rappellent bien qu'en 1970, le respect et l'égalité des sexes sont loin d'être acquis pour tous. Et puis on trouve Clark, un jeune diplômé de Yale qui cherche sa place dans ce label alors que les licenciements sont légions. Il tente alors de se rapprocher d'afro-américains ... Malgré le comique de certaines situations avec ce personnage, le propos reste quand même dur et on réalise les sacrifices qui doivent être fait au sein du label pour échapper à la faillite.
Richie se lance dans une récupération presque déséspérée de son label. Il part à la recherche de nouveaux artistes, de financements, recontacte de vieilles connaissances pour redorer son image, mais à quel prix ? Car les ennuis s'enchaînent et vont crescendo pour notre héros. Il retombe dans la drogue, ses relations avec sa femme, ses amis et collègues s'enveniment, il se retrouve mêlé à des histoires mafieuses ...


La série garde une énergie constante au cours des épisodes grâce à la mise en place des dialogues parfois très drôles et l'alternance avec les scènes musicales, je ne me suis jamais ennuyée. Elle a une esthétique très plaisante à l'oeil, les costumes, la musique et le décor donnent le ton vintage de l'époque. Le générique en noir et blanc, où l'on voit une tête de lecture parcourir les sillons d'un vinyl, s'entrecoupe d'images enivrantes d'artistes, de concerts et de drogues sous une musique puissante qui résument bien l'univers de la série. Bobby Cannavale donne un côté très charismatique et séduisant à cet américain aux origines italiennes. Il arrive à faire vivre beaucoup d'émotions dans son personnage.  On sait que Richie malgré tout ses ennuis aime profondément sa femme et ses enfants, c'est un passionné de musique déterminé à sortir son label du pétrin. Avec Zak, son principal ami et collègue, ce sont deux pères de famille touchants et qui font également beaucoup rire dans certaines scènes. Tour à tour ils commettront des erreurs (on repense à toutes les gaffes de Zak ...), aux risques et périls du label ... Beaucoup d'évènements dramatiques surviennent au fil des épisodes, mais il n'y a pas d'atmosphère pesante grâce à la répartie des personnages notamment. Vinyl possède une énergie unique majoritairement due à la façon dont elle fait vivre la musique à chaque épisode. On la retrouve particulièrement dans le final de cette première saison qui est pleinement à la hauteur de mes attentes. Malgré une audience décevante aux Etats-Unis, HBO a décidé de poursuivre Vinyl avec une seconde saison d'ores et déjà annoncée.


Avec un excellent début à mes yeux, je ne peux que recommander Vinyl aux amateurs de musique. La série a la bonne idée de ne pas s'attarder sur un style en particulier ce qui permet parfois des découvertes intéressantes ! La réalisation est de qualité avec un casting à la hauteur, notamment un Bobby Cannavale très bon ! Pourtant je crains que le scénario pour la deuxième saison s'essouffle vite, à voir l'année prochaine !

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